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Le 15° quatuor de Schubert

Schubert2

Programme :

 

Franz SCHUBERT (1797-1828)

Quatuor n°15 en sol M D 887

FranzSCHUBERT

Quatuor n°15 en sol M D 887

. Adagio -Allegro -Andante cantabile – Menuetto: Allegro – Allegro Molto.

Le cycle de six quatuors écrits par Mozart en 1783-1785 qu’il dédia à Haydn dont les séries de quatuors l’avaient tellement impressionné a été l’occasion pour le compositeur d’un travail en profondeur et d’une remise en question permanente. Mozart, qui écrivait usuellement avec une rapidité hallucinante, lançant d’un seul jet sur la papier une partition parachevée , a laissé pour ces œuvres des esquisses maintes fois raturées et reprises, marque d’une genèse exceptionnellement ardue. C’est qu’il avait bien senti à la suite de Haydn et avant Beethoven combien la forme du quatuor à cordes permettait à un musicien d’aller chercher en lui l’inspiration la plus puissante et la plus intime. Ce n’est sans doute pas là que Mozart a été le plus lui même et ce sera plutôt dans des œuvres comme les quintettes à cordes ou le Divertimento pour Trio à cordes qu’il parviendra à atteindre le niveau d’inspiration qui habite son aîné. Mais, il n’en reste bien sûr pas moins que ces six œuvres forment une série bouleversante de grâce et d’émotion, habitée par le souffle généreux et tourmenté si caractéristique du compositeur.
C’est l’extraordinaire introduction lente à ce quatuor K465 qui lui a donné le nom de « Dissonances » sous lequel il est connu. Dans un ut mineur angoissé, avec des successions d’intervalles de secondes qui se résolvent pour mieux se redéchirer, ce moment préface magnifiquement l’Allegro qui suit dont il fait immédiatement ressortir la joie, éclatante dans le thème du premier violon sous les batteries incessantes de croches de l’alto et du second violon. Le deuxième thème qui introduit un mouvement de balancement ternaire reste également très enjoué. Seul le développement mineur, introduit par des motifs interrogatifs et assez menaçants du violoncelle créera à l’intérieur du mouvement une tension que Mozart réussira à résorber par un retour du thème initial par un des tours de passe-passe qui laissent confondus d’admiration pour leur simplicité et leur maîtrise. La coda exaspère alors le sentiment de joyeux bouillonnement.
Le magnifique mouvement lent s’annonce avec un thème plein de charme et de grâce, avec une polyphonie très proche d’un quatuor vocal: quatre voix dialoguent en douceur, et le dialogue se fait plus insistant dans les échanges entre le premier violon et le violoncelle, au point d’arriver à un silence pour laisser culminer l’émotion avant que la voix grave du violoncelle sur d’extraordinaires mouvements de doubles-croches n’incite les autres instruments à entrer dans plus de confidences. Plus loin, le passage parallèle tournera même au tragique, comme une magnifique illustration du fait que dans la musique de Mozart, sous une apparente légèreté, le drame est toujours à fleur de peau et couve sous la cendre.
Le Menuetto, d’une élégance très robuste, est l’occasion d’échanges serrés entre les instruments. Le Trio permet alors d’introduire de nouveau une part de tension par le canon entre le violon et le violoncelle.
Enfin, parmi les rondos de Mozart, toujours si vivants et joyeux, celui-ci ne faillit pas à la règle et emporte toute l’atmosphère dans son bouillonnement joyeux où les traits de doubles- croches jaillissent comme des fusées de foire.

 

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